LolicomTM (Manga, Manga)

1997 - 1998


Production : Ouvre le chien, 
Centre Dramatique National de 
Bordeaux - Aquitaine, 
Scène nationale 
de Bayonne et 
du Sud Aquitain, 
Les Plateaux / 
Scène Nationale d'Angoulême, 
Le Cratère, 
Scène Nationale d'Alés en Cévennes, 
Festival du Jeune Théâtre d'Alés (Amis du Théâtre Populaire), 
Culture Commune en association avec 
le centre Arc en ciel 
de Liévin, 
Centre National de la Bande Dessinée et de l'Image.

 

Avec le soutien de l’AFAA, Hareng Rouge, Maximum Vidéo, Théâtre de la Cité Internationale


LolicomTM (Manga, Manga) est un jeu interactif expérimenté pour la première fois. Un jeu de rôles où les personnages à endosser sont des japonaises, des méchants pervers. Entre simulacre et réalité, sur le plateau et sur les écrans, dans notre monde et dans l'univers virtuel des Mangas, ces bandes dessinées populaires qui nous arrivent du Japon, 
Ouvre le chien se risque à de nouveaux territoires...

Mangas, sexe, violence, dessins animés, jeux vidéo, réalité virtuelle, tout à la fois problématiques de ces années 90 et "clichés" d'un monde médiatique. Des préoccupations d'aujourd'hui que Ouvre le Chien veut amener au théâtre.
 LolicomTM (Manga, Manga) est un nouveau jeu importé du Japon. Les règles sont simples et ne nécessitent aucune disposition particulière. C'est une première partie qui pourrait en amorcer quantité d'autres...Un parcours initiatique à travers les règles et les fantasmes de la culture japonaise, avec ses personnages fictifs qui fuient les problèmes du quotidien pour se réfugier dans un monde parallèle. Shoko, Mayumi et Jun, trois délicieuses écolières de Tokyo, abreuvées de Shojo mangas passent leur temps à imaginer l'existence d'un monde meilleur peuplé "d'animaux câlins, de châteaux luxueux, d'habitants charmants et de blanches montagnes. Car dans la ville, rôde Porn l'infâme ôtaku, qui emploie toute son intelligence au service d'expériences perverses. Après toute une série d'exercices où vous irez à la rencontre de vos personnages, de leurs rêves et la force de leur caractère, vous devrez faire appel à votre propre mémoire pour mêler à cette fiction les événements de votre vie courante, sous forme de saynètes, dirigées par le Quizmaster. Attention aux nombreux pièges tendus par vos désirs, qui libéreront Tsunagomu, le monstre maléfique!... Enfin en faisant preuve d'inventivité et d'un peu de jugeote, vous rencontrerez Kôji San, le vieux sage, qui vous ouvrira les Portes du Royaume de la Dérision, le Manga - Manga.

La fascination qu'exerce le Japon sur les occidentaux tient d'abord au fait que la révolution des nouvelles technologies bouleverse radicalement les "arts de masse". De moins en moins, la culture s'attache au culte du beau, du vrai, du profond, mais s'enthousiasme pour l'innovation en l'utilisant non seulement comme support mais aussi comme sujet.
 Ainsi le manga décline outre les obsessions spécifiques au Japon (culte de la femme-enfant, phénomènes surnaturels, dérives des mégalopoles), une quantité de produits culturels : musique techno, mode vestimentaire, jeux vidéos, cyber - culture... De plus, la culture japonaise entretient des rapports privilégiés au corps que l'occident occulte dans l'aventure des nouvelles technologies. Ainsi, le Japon dispose d'une bonne avance "spirituelle" pour affronter le vingt et unième siècle multimédia. Aujourd'hui le passage à la mondialisation est l'occasion pour cette culture de pénétrer le réseau planétaire. Les répercussions d'un tel phénomène restent à explorer... LolicomTM (Manga, Manga) pose le problème de la perte de l'intime à travers cette tendance mondialiste.

Monstres, violence, science-fiction, sexe...
Le Japon est le premier marché du monde pour la bande dessinée. C'est le seul pays où les amateurs sont presque aussi nombreux que les téléspectateurs et où la BD - véritable phénomène sociologique - influence les mentalités. Une histoire à succès peut se prolonger pendant 5000 pages. Ce phénomène a un nom : Manga. A côté de BD strictement pornographiques, les mangas aujourd'hui sont essentiellement batailleurs. Trois catégories de belligérants s'y affrontent : les humains, les robots, les extra - terrestres. Les esprits et les monstres sont également une source d'inspiration traditionnelle : les samouraïs, ronins et autres ninjas (esprits mercenaires) y rivalisent d'habileté à l'épée. Souvent sadiques - au regard de nos critères - les dessins qui font fureur montrent des corps éventrés, déchiquetés et ruisselants d'hémoglobine.



Extrait

"Quel monde merveilleux n'est-ce pas ? Où l'on peut encore prendre du plaisir sans risque et des risques sans plaisir. Histoire de faire semblant pour avoir le vrai, où juste le contraire. On en revient toujours aux mêmes choses mais pas à quoi on est vraiment. C'est dedans nous mais on pense que c'est pas nous. C'est juste le monde qui nous entoure, un monde tout blanc comme de la neige, on marche dessus en laissant des traces qui se confondent avec celles des autres. On emprunte des empreintes sans savoir à qui elles appartiennent. Parfois en s'égare...On devient des monstres où des anges. Mais c'est pas de notre faute..."



Presse

Lolicom est une prouesse expérimentale qui mêle avec brio, vidéo et dessin animé japonais à l'action théâtrale.

Joshka Shidlow (Télérama Mai 1997)

 

Voilà partis les membres de Ouvre le chien à Tokyo pour y découvrir les mangas, les nouvelles technologies déjà ringardisées par la télé, les écolières en uniforme, carrefour de tous les fantasmes, les dessins bougés plus qu'animés et "l'internetisation " des esprits. Ils ont saisi tous ces matériaux exotiques pour créer un spectacle qui a lieu aussi bien sur le plateau que sur les écrans de télé, où sont projetés leurs production "japoniaises". Lesquelles vont du documentaire au dessin animé, en passant par la soirée de Noël, sans oublier une halte à la case pub où vous pouvez gagner quelques yens. Si l'on osait, on dirait que c'est le spectacle le plus débridé que Bordeaux puisse applaudir.

Pierre Hivernat (Les Inrockuptibles, Mai 1997)

 

Horrible et géniale. Cette oeuvre de Renaud Cojo est une réelle performance; il a su, l'espace d'une soirée et d'un spectacle, faire lentement glisser le spectateur vers son monde, ce monde qu'il a rebâti pour l'adapter au théâtre. Le résultat est une totale réussite : la mise en scène est d'une perfection déconcertante, l'ensemble de l'oeuvre rivalise d'originalité. Lolicom est une pièce atroce et effrayante, par la réalité qu'elle dénonce et la vérité qu'elle crie, par toutes ces images qu'elle nous force à avaler, tout ceci caché derrière le masque du manga et de la quête d'un certain idéal. Renaud Cojo réussit un certain pari, celui de marier l'extravagant manga à la réalité lassante, par le biais d'un théâtre décidemment très jeune. jusqu'au bout, Lolicom gardera son aspect particulier qui lui donne tout son charme. Jusqu'au bout les acteurs joueront le jeu. Jusqu'au bout flottera dans l'air cette idée démente. Jusqu'au bout restera cette pièce horriblement géniale.

Vincent B (La Feuille)

 

Autant de scènes qui provoquent le spectateur, incitant une réflexion parfois désabusée sur une époque à venir, où l'attrait des mondes virtuels au travers de jeux de plus en plus sophistiqués pourrait faire perdre le sens des réalités.

La Voix du Nord

 

"Pour mieux déjouer une fascination dont elle se défend d'être dupe, la mise en scène multiplie les distances. Le spectacle dessine alors un numéro de funambule entre dérision extrême et froideur. A l'image de ces shows pervers - soft où les lycéennes inaccessibles s'offrent au voyeurisme au travers d'un miroir, on se voit dénier le plaisir de succomber naïvement aux mirages de cette culture adolescente. Mais l'humour sauve de l'excès d'imagerie glacée, et le bombardement publicitaire bigarré, chic et choc invite le spectateur à rentrer dans le jeu de cette création hybride, dense, à risque et avec plaisir."
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Valérie de St Do (Sud Ouest, Avril 1997)



Equipe

Conception, Mise en scène : Renaud Cojo. 
Assistant : Bernard Blancan. 
Avec : Claire-Emilie Brossier (Reprise Elsa Gendre), Yuan Chang Lin, Julie Nancy, Lucia Sanchez, Michel Schweizer. 
Scénographie : Philippe Casaban, Eric Charbeau 
Conception musicale : Electric Manga Complex : 
Chazam, Michel Risse . Training casting : Carlotta Ikéda, Valérie Rivière . Conception vidéo : Benoît Arène assisté de Laurent Buchmeyer
. Prises de vue : Benoît Arène, Patrick Opry, Bernard Sanderre. 
Montage : Xavier Perez. 
Prise de son : Philippe Barandarian. 
Imagerie tridimensionnelle : CNBDI . Dessin animé : Octopussy. 
Voix icônes : Bernard Blancan, Renaud Cojo, Katsué Croatto,  Lysiane Meïs. 
Acteurs Karaoké : Bernard Blancan, Lysiane Meïs ; 
Actrice Publicité : Léa Pellerin. 
"Lolita" documentaire et modèle affiche : Suran Lee
. Illustrations, Rough, Créations d'icônes : Eric Quillat
 ; Graphisme additionnel : Philippe Roure. 
Traductions Textes : Agnés Barbet, Katsué Croatto. 
Interprète Tokyo : Hiromi Yamada. 
Conception son : Michel Risse, Diego Croatto. 
Conception lumière : Eric Blosse. 
Costumes : Hervé Poeydomenge
. Régie son : Diego Croatto.  
Régie lumière : Eric Blosse. 
Régie plateau : Eric Charbeau. 
Régie générale et construction décor : Frankie Chassagne. 
Affiche, Plaquette, Design jeu : Philippe Roure. 
Production, Communication, Administration : Laurence de la Fuente. 
Comptabilité : Nathalie Sorin



Vu à

La mémoire ne nous a pas permis de retrouver le calendrier précis de chacune de ces représentations

Festival du Jeune Théâtre Alés, Scène nationale d’Angoulême, Scène nationale de Bayonne, Centre Dramatique National de Bordeaux Aquitaine, Centre Dramatique National de Normandie, Espace des Arts Châlon sur Saône, Théâtre Arc-en-Ciel de Liévin.

 

Ce spectacle a remporté le Prix du Festival du Jeune Théâtre à Alès en Juillet 1997


bande son / extraits :

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video : Extrait :




portfolio :

Design : Philippe ROURE


Photo : Xavier CANTAT

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Photo : Xavier CANTAT

Photo : Xavier CANTATPhoto : Xavier CANTAT

Photo : Xavier CANTAT
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Photo : Xavier CANTAT


Photo : Xavier CANTAT


Photo : Xavier CANTAT


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