Le Zootropiste

2005 - 2006

Production : Ouvre Le Chien avec l’aide à la créatio
n de Arcadi, avec le soutien de l’Office Artistique de la Région Aquitaine, le Théâtre National de Bordeaux, le Carré des Jalles



Des Taxidermistes au Zootropiste

En 1992, je mettais en scène le texte « Bestiaire » écrit collectivement par un groupe de déficients mentaux sous la direction de Thierry Lahontâa. Les Taxidermistes était un spectacle coup de poing qui attaquait une donnée incontournable de l’être humain : la bestialité. 
Ode fantasque au fantastique, au lyrisme tragi-comique d’une vision étrange du monde animal vu à travers le prisme d’une lucidité implacable de personnalités dite « différentes », ce spectacle « givré », « délirant », « déchaînant l’enthousiasme », « conquérant », était placé sous le signe de la performance. 
L’adaptation avec quatre comédiens que j’en avais faite à l’époque était la transposition d’un simulacre de théâtre dans un charivari débridé et déglingué, qui mettait en évidence mon penchant pour une forme instinctive du jeu.
 Les Taxidermistes ou les « ivres de la jungle » manipulaient dans un joyeux déballage alternatif façon rock-garage, des évidences imparables sur le règne anima. Ma langue s’inscrivait alors dans l’urgence de l’instant avec le réflexe avoué d’une tentative de destruction de la mécanique théâtrale … 
Mon expérience de théâtre formelle et le doute entretenu à son sujet, mon désir lancinant de continuer à accompagner la fulgurance de ces écrits, ma passion pour les caractères à la marge, ma rencontre avec Patrick Robine, me décident aujourd’hui à la relecture du Bestiaire afin d’y offrir l’autre côté de cette réalité.

 


De l'idiotie

Avec la folie refait surface ce qui n’avait jamais disparu, à savoir une conception de l’artiste et de son inspiration soumis aux emportements et autres fièvres d’une sensibilité déréglée. Les quatre fureurs dont Platon établit la typologie dans Phèdre posaient déjà que l’artiste était un «enthousiaste» dont l’entendement devait être abusé. Le même discours est servi par Socrate au rhapsode Ion de retour d’Epidaure :

« De même que ceux qui en sont en proie au délire des Corybantes ne se livrent pas à leurs danses quand ils ont leurs esprits, de même aussi les auteurs de chants lyriques n’ont pas leurs esprits quand ils composent ces chants magnifiques ». Comparés aux Bacchantes ; les artistes en proie à l’inspiration qui égare leur esprit, sont, selon Socrate, en contact avec la Divinité.

Jean Yves Jouannais, (L’idiotie)

 

Notes de mise en scène

Fuyant les poncifs cliniques de quelques scientistes monomaniaques, le Zootropiste a tendu le voile de son imaginaire qu’il a partagé en deux .
Que se trame-il dans l’antichambre des découvertes du Zootropiste ? Des instruments naïfs égrainent et des mélodies furtives et brutes. 
Sans qu’on y prenne garde, la science se transforme peu à peu en alliée de la poésie … 
A la manière d’un phénomène de baraque de foire, le Zootropiste expose son savoir, déraciné de son biotope qu’il recompose au grés de son discours grâce à un bricolage judicieusement apprivoisé. 
Il n’est pas homme de spectacle et le spectacle se construit malgré lui, dans sa fragilité inhérente au vouloir bien faire. 
Des évidences longtemps cachées apparaissent alors dans une langue précise pendant que de l’autre côté de cette frontière où la parole conjugue le sublime au présent recomposé, un autre réel se met progressivement en place. 
Dressant minutieusement ses observations dans un ordre échappant à toute logique mathématicienne, les présences invisibles qui hantent le cabinet imaginaire du Zootropiste s’activent dans une lente alchimie qui juxtapose au bilan du discours, quelques actions discrètes. 
Les allers et venues discrètes d’un assistant scrupuleux marquent alors une étrange symbiose entre relation humaine et règne animal. La confusion n’est plus un doute, l’homme est paraît-il cet animal doué d’intelligence …



Extrait

La poule est un animal à cuire. C'est pour ça qu'on lui coupe la tête. 
La poule pond des oeufs qui deviennent des poussins qui deviennent des poules. 
Il y en a des marrons, des blanches, des grises et des noires qu'on peut appeler cocottes. 
Quand une poule est mouillée, on dit que c'est quelqu'un qui a peur de l'eau. 
Quand on voit une femme dans la rue, on lui dit : " Poulette, viens ma poulette ! " 
Avec les pieds des poules, on fait des costumes pied-de-poule"
.

Des moutons, il y en a des grands et des moyens. Il y a le patron qui fait arrêter les voitures pour que les moutons puissent passer dans les prés et le soir, il fait pareil, il les ramène dans la propriété parce qu’il aime les moutons. Ils tondent les moutons pour de la laine. Après ils enlèvent la peau et ils tapent dessus avec un bâton pour que ça devienne sec. Le mouton est petit blanc, il est grand comme quelqu’un assis. La maladie du mouton c’est le méchoui.
 Chez les arabes c’est pendant le maramdam qu’ils chassent le mouton et dans la nuit ils le mangent avec du raisin sec. Les moutons ça s’appelle les brebis.



Presse

…Patrick Robine, avec ce naturel d'expression qui n'appartient qu'à lui, excelle en encyclopédiste de l'absurde. À ses côtés Renaud Cojo - qui signe la mise en scène -, en taxidermiste, servile, aiguillonne joyeusement ce carnaval des animaux embarqués sur la plus dingue des arches de Noé.

Albert Algoud (Le Canard Enchaîné, Juin 2005)

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Bestiaire écrit par un groupe de déficients mentaux et construits dans un langage d'une innocente poésie, Renaud Cojo propose le zootropiste. Un homme qui regarde la faune avec les yeux d'un fou chantant et en savoure toute l'incongruité. 
Il faut parfois peu de chose pour qu'un spectacle enchante, de la tendresse, de la poésie, de la fantaisie. Le Zootropiste réunit les trois à la fois. Le spectacle tient autant du bateleur que du fantaisiste de cabaret. C'est un peu comme un récital de chansons dans lequel le refrain serait remplacé par des définitions facétieuses d'animaux. Une poésie qui aurait pris ses quartiers d'été à la campagne ou en pleine jungle. Par un jeu décalé, misant sur les apparences trompeuses et les figures imposées de l'animateur de foire, le comédien Patrick Robine peuple notre imaginaire d'une faune enchantée réelle et fantasmatique à la fois. Mise en scène au délire contrôlé de Renaud Cojo qui joue les faire-valoir comme s'il improvisait son rôle, la tête dans les mots, en vrai poète.

Jean-Louis Pinte (Le Figaroscope, 8 Juin 2005)

Sur le thème des animaux, des esprits déjantés nous content, dans un mitraillage de phrases, un monde à l'envers, naïf et douloureux comme du douanier Rousseau. 
Renaud Cojo fait proclamer ces folies douces à Patrick Robine transformé en aboyeur de fête foraine et joue lui-même un patron de baraque plutôt crade. Leur objectif : tordre le cou au bon goût. C'est décapant et même parfois hilarant.

Gilles Costaz, (Zurban, Juin 2005)

Drôles de zozoos
… A l’origine : un travail de redéfinition du monde animal par des déficients mentaux, sous la houlette de Thierry Lahontâa. Autant d’observations lancinantes, de précisions absurdes, autant d’évidences. S’en dégage une relation au monde d’une jouissance, d’une poésie délirantes. De ces petites phrases goûteuses et pêchues, Renaud Cojo a tiré une inqualifiable petite chose baptisée Le Zootropiste, qu’il interprète en duo avec Patrick Robine. Il faut voir et entendre les étranges compères à l’imprévisible dégaine redécliner pour nous la zoologie, genre : Un pingouin est un animal qui se goinfre de pain, pour être plus juste, il faudrait dire un « pain goinfre ». A eux deux, entre cabaret et théâtre de foire, ils redessinent un monde aux frontières fantasques, aux certitudes excentriques, aux vérités invraisemblables. Et de leurs voix impassibles nous entraînent direct au royaume de pur imaginaire, de transcendance familière. Quand les choses encore innommées pouvaient avoir tous les noms, quand n’était tout à fait né, quand le néant allait devenir vie et la vie, néant. Un no man’s land d’avant et de demain, incroyablement proche et pourtant perdu ; où un spectacle divinement bricolé peut s’achever sur ces seuls mots : « Les moutons, ça s’appelle les brebis.

Fabienne Pascaud (Télérama, Juin 2005)

Drôle de zoo, drôle de zouave. 
Il ne reste plus que quelques jours pour admirer « le Zootropiste », alias le comédien et metteur en scène Renaud Cojo, dans ses œuvres au Théâtre du Rond Point. Prenez vos enfants par la main. Sur le plateau coupé en deux par un rideau cliquant à souhait, l’ambiance balance entre fête foraine et délire de cabaret. 
On attend l’apparition de la femme à barbe ou du lilliputien ! Arrive le poète savant d’un bestiaire fantastique sanglé dans son costume à la Monsieur Loyal. Il entame son récital entièrement nourri de définitions facétieuses d’animaux battant la campagne ou la jungle. Son complice Patrick Robine, campe un merveilleux bateleur, taxidermiste à ses heures. Tendresse, poésie, humour, fantaisie, tout est là pour faire un enchantement familial de cette petite heure en fin de journée.

Marie-Emmanuelle Galfré (Le Parisien,  Juin 2005)



Equipe

Mise en scène : Renaud Cojo. 
Avec : Patrick Robine, Renaud Cojo. 
Scénographie : Bruno Lahontâa. 
Musique Originale : Pascal Comelade . Son : Nicolas Barillot. 
Lumière : Eric Blosse
. Costumes : Odile Béranger. 
Eléments Graphiques : Thierry Lahontâa. 
Administration de projet : Thierry Rousseau
 assisté de Anne Latournerie. 
Diffusion : Krystel Vergne



Calendrier

05 au 30 12 2006 : Théâtre du Rond Point
16 05 2006 : Rencontres Théâtrales                         
28 11 2006 : Centre Culturel Jean Gagnant             01 04 2006 : Le Plessis Théâtre
31 03 2006 : Le Plessis Théâtre
02 12 2005 : Espaces Pluriels
18 11 2005 : Centre Culturel                                
04 11 2005 : Salle  Pierre Cravey               
22.10 2005 : Centre Culturel                           
24 08 2005 : Festival les Chantiers de Blaye
17 05 au 25 06 2005 : Théâtre du Rond Point

10 05 2005 : Le Carré des Jalles

Paris
Eysines

Limoges

La Riche
La Riche
Pau
Terrasson
La Teste De Buch
Saint Aubin du Médoc
Blaye
Paris
Saint Médard en Jalles

bande son / extraits  :

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video : Extrait :

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portfolio :

Design : Thierry LAHONTAA


Photo : Xavier CANTAT

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