Photo Guillaume Bonnaud

 

 

Renaud Cojo

 

Né en 1966 au moment où David Robert Jones devient David Bowie. Renaud grandit en banlieue d’une ville calme. Il suit des études de sociologie, socialise et s’isole. Il crée son premier alias en 1990 et s’appelle désormais Renaud Cojo.

Comédien, metteur en scène, auteur, performeur, il rencontre le théâtre grâce à la musique. En 1991, il crée le label Ouvre le Chien avec lequel il dirige plusieurs projets.

D’emblée il affirme la spontanéité de son langage en s’opposant aux mécanismes de la représentation, pour une forme esthétique libre, et articule son travail autour de thématiques complexes alliant des notions d’instinct, d’ambiguïté, de fragmentation, d’ébauche. (Les Taxidermistes, What in the World, Lolicom).

 

Pour Louis de Funès de Valère Novarina est créé en 1998 en tournée nationale avec Dominique Pinon et constitue une échappée vers une forme plus entendue de reconnaissance théâtrale.

 

Cojo traverse le théâtre institutionnel en questionnant la représentation de la figure humaine, son entendement monstrueux, grâce à sa « trilogie involontaire » . Il présente en 2000 la création française Phaedra’s Love de Sarah Kane au Théâtre de la Bastille. Pour le Festival d’Avignon en 2002, il crée La Marche de l’architecte de Daniel Keene et propose l’étouffant Sniper de Pavel Hak dans un dispositif électro-acoustique à La Ferme du Buisson et Villeneuve d’Ascq (Labomatic, 2005).

Outre la création théâtrale, il publie le poème-fleuve Rave/ma religion aux éditions William Blake and Co dont il donne une version performative en 2005. Il joue dans les premiers spectacles de Michel Schweizer (Kings, Scan) et s’agite aux côtés de Patrick Robine dans Le Zootropiste au Théâtre du Rond-Point (2005 et 2006). Réalisateur, il initie « Band In A Phone », projet de captation filmique intégrale, via téléphones portables pour un concert du groupe flamand Zita Swoon Group.

Après  la création de Elephant People (2007), pop opéra dont la thématique est celle des monstres forains et dont la musique est jouée en direct sur scène par The Married Monk (Discograph Label), « Et puis j’ai demandé à Christian de jouer l’intro de Ziggy Stardust » (en tournée européenne 2010/2011) propose un théâtre-performance confrontant l’individu à l’instabilité de son identité.

 

Dans la continuité de ce travail, Renaud Cojo prolonge la question de l’identité virtuelle comme moteur d’un théâtre-vérité investissant le champ des réseaux sociaux à travers Plus tard, j’ai frémi au léger effet de reverbe sur « I Feel Like A Group Of One »(Suite Empire) et Œuvre/Orgueil d’après les travaux de Edouard Levé au Théâtre National de Bordeaux-Aquitaine en 2014.

En 2015, il tourne son premier film Low à Berlin pour la trilogie Low/Heroes, un Hyper-Cycle Berlinois qu’il met en scène à la Philharmonie de Paris pour l’Orchestre national d’Ile de France et à l’occasion de l’exposition David Bowie Is.

Il porte pour les années à venir une multitude de projets, grâce à de nombreuses rencontres fortuites et ou savamment calculées.

 

 

Photo Guillaume Bonnaud

Ouvre Le chien

 

Ouvre le chien est une structure dont la vocation est le recyclage « in vivo » d’utopies contrariées .Son objectif est de soustraire au champ de la représentation, une série organique d’évènements liés par la  mécanique fantastique et la complexité d’être au monde, dans son désordre magnifique, sa révolte sourde. Son champ d’action : l’édition, l’imagerie numérique, les actions jouées, l’expérimentation. Renaud Cojo et son équipe en mesurent quotidiennement le (l’) (in)confort grâce à une exploration en apnée appréhendée à travers ce que l’on peut nommer le théâtre.

 

Un certain nombre de spectacles de théâtre sont à l’actif du groupe. Aujourd’hui Ouvre le Chien se tourne volontiers vers des formes mouvantes dont l’expérience de la représentation trouve ses limites. A suivre ?